You are currently viewing Bienveillance et relation : ce qu’un cycle de conférences a changé dans une maison de retraite

Mais que signifie réellement être bienveillant dans une relation ?

Cette question a émergé très concrètement lors d’un cycle de conférences que j’ai animé dans un établissement médico-social.

Une expérience menée auprès des résidents de la résidence Dosne

Une demande simple : mieux vivre ensemble

Les résidents de la résidence Dosne exprimaient un souhait clair :
mieux vivre ensemble au quotidien.

Pourtant, l’équipe constatait un paradoxe.

Les personnes parlaient de bienveillance.
Mais leurs mots ou leurs comportements blessaient parfois leurs co-résidents.

Autrement dit : les intentions étaient bonnes, mais les effets relationnels étaient parfois contre-productifs.

À la demande de la direction, j’ai conçu un cycle de six conférences pour réfléchir aux relations intitulé :

« De la bienveillance à l’entente ». Ce cycle de conférences a donné lieu à un témoignage publié par la Fondation Dosne.

L’objectif n’était pas de donner des règles de comportement, mais de permettre aux participants de :

  • constater les limites de la bienveillance
  • mieux comprendre certains mécanismes relationnels,
  • réfléchir à la manière dont leurs paroles ou leurs actions peuvent être reçues par les autres.

Du constat initial aux premières prises de conscience

Au début du cycle, une idée revenait souvent :

  • la bienveillance serait la meilleure manière d’être en relation,
  • et les tensions viendraient surtout du comportement des autres.

Pourtant, ces représentations peuvent masquer un mécanisme fréquent : agir pour l’autre sans vérifier ce qu’il souhaite réellement.

Au fil des échanges, plusieurs prises de conscience ont émergé :

  • la bienveillance a aussi ses limites,
  • les jugements parlent davantage de nous que des autres,
  • un langage plus rationnel permet souvent de préserver la relation.

Ces réflexions ont conduit certains participants à modifier leur manière d’agir dans des situations très concrètes.

Une résidente raconte :

« J’ai cru qu’une dame était en difficulté pour couper sa viande à côté de moi.
J’ai voulu me lever pour l’aider.
Puis j’ai repensé à ce que nous avions appris durant la formation.
J’ai préféré ne pas agir par moi-même et lui demander si elle avait besoin d’aide. »

Ce type de situation peut sembler anodin.

Mais il illustre une évolution importante :
passer d’une intention d’aider à une attention portée à la relation.

Depuis ce cycle de conférences, plusieurs évolutions ont été observées.

Certains résidents :

  • demandent davantage comment être utiles plutôt que d’imposer leur aide,
  • prennent davantage de recul dans certaines situations,
  • réfléchissent avant d’interpréter ou de juger les autres.

Ce que cette expérience révèle sur les relations humaines

Une question de posture : de la bienveillance à l’altérité

Cette expérience a montré que même avec de bonnes intentions, nous pouvons blesser l’autre si nous ne faisons pas attention à la manière dont nous nous adressons à lui.

La bienveillance peut parfois placer la personne dans une position “au-dessus” de l’autre.
La posture d’altérité consiste au contraire à prendre en compte les attentes et les besoins de l’autre.

Une question de langage : sortir des malentendus

Les participants ont découvert que le langage émotionnel parle d’eux et est source de malentendus car les personnes s’expriment alors à partir de leur propre filtre.

Ils se sont posés la question : ‘comment faire pour m’exprimer différemment ?’. Ils ont découvert le langage de la rationalité. Le langage de la rationalité permet d’être compris de l’autre.

Ce que les organisations peuvent en retenir

Dans les organisations comme dans les lieux de vie collectifs, beaucoup de tensions naissent non pas de mauvaises intentions, mais d’interprétations.

Les tensions naissent du fait que nous n’avons jamais appris à être en relation et que nos seules bonnes intentions ne nous permettent pas d’avoir une qualité de relation. La qualité relationnelle ne repose pas seulement sur les intentions, mais aussi sur la manière dont nous nous exprimons et interagissons.

Par ailleurs, ce que savent faire le mieux les personnes, avant d’apprendre à faire autrement, c’est parler d’elles. C’est un langage propice aux malentendus.

C’est seulement par l’apprentissage que nous pouvons prendre conscience de notre façon de communiquer et d’interagir. Cet apprentissage nous permet ensuite d’opter pour un mode de communication et des comportements qui permettent non seulement l’interaction mais aussi le vivre-ensemble.

Et dans votre organisation ?

Les situations de ce type ne concernent pas seulement les établissements médico-sociaux.
Dans de nombreuses équipes, des tensions apparaissent dans les relations de travail, alors même que les personnes pensent agir avec de bonnes intentions.
Prendre du recul sur certains mécanismes relationnels peut alors permettre de préserver les relations.

Si ce sujet résonne avec des situations que vous rencontrez dans votre organisation, vous pouvez m’écrire en message privé pour en échanger.

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